Le zoo sauvage de Saint-Félicien : introduction

Bienvenue dans le premier épisode d’une série d’articles consacré au zoo sauvage de Saint-Félicien et ses occupants.

Les mots me manquent pour rendre compte précisément du moment de grâce vécu dans le zoo sauvage de Saint-Félicien, au Québec, un jour de décembre. 

Lorsque l’on pénètre dans ce zoo, c’est un peu comme si le temps s’arrête et que l’on bascule dans un autre monde. Plus beau. Plus doux. Plus majestueux. 

Dans le froid, tapis sous un épais manteau de neige blanche immaculé, de sublimes paysages se dessinent, paisibles et mystérieux. 

Le silence absolu du lieu n’est rompu que par le craquement de nos pieds dans la neige et le discret tintement du bec d’un pic contre un tronc d’arbre enneigé. 

Tout ici pousse à la contemplation. La rivière gelée qu’un petit pont nous permet de traverser serpente au milieu des sapins et des épinettes, comme figée dans le temps, avant de se jeter de plusieurs mètres de haut le long d’un dénivelé de roches gelées, en un bruit assourdissant. 

« Tout ici pousse à la contemplation. »

Le soleil, tout d’abord craintif, caché derrière un épais voile de coton, se décide finalement à sortir, révélant ainsi la féerie des flocons de neige et des paysages de la forêt boréale. 

Mais le plus sublime spectacle réside dans la présence des animaux. Ces derniers, en semi-liberté dans le parc, nous laissent ébahis par leur splendeur naturelle, qui touche notre âme de la plus douce des manières. 

Dans un calme mystique, ils posent nonchalamment dans la neige, le regard fier, savant, voire compréhensif face à notre cri ébahi. Comme s’ils avaient conscience de leur magnificence, et dans un sens, de leur supériorité. Comment, après tout, pouvons-nous contester leur grandeur, eux qui contrastent si insolemment, par leur dignité et leur élégance naturelle, avec notre genre humain terni de vulgarité ? 

Par leurs considérations simples et nobles, ils nous transportent ailleurs, ou peut-être plutôt nous ramènent à nous. Lents, précautionneux, agiles, attentionnés, ils sont le pénible rappel de notre opposition sans cesse croissante à ces préceptes. 

L’espace de quelques heures, nous voici reconnecté au règne animal, à notre règne. Nos préoccupations quotidiennes s’effacent face au constat de la réalité de la nature, brute et sans fard.

Chaque arbre, chaque oiseau, chaque mammifère, par son combat contre le froid et son adaptation à celui-ci, nous rappelle à nos origines, et nous enseigne une leçon d’humilité. 

Tous sont différents, bien sûr. Chaque individu, chaque espèce, présente sa spécificité, et ainsi nous touche d’une manière tout à fait unique. Néanmoins, ils partagent le don de fasciner, de faire rêver, et surtout de nous faire vibrer. Vibrer de vie, cette étincelle qui trop souvent est enfouie au fond de nous, masquée par le quotidien et notre mental sans cesse ruminant. 

« Chaque arbre, chaque oiseau, chaque mammifère, par son combat contre le froid et son adaptation à celui-ci, nous rappelle à nos origines, et nous enseigne une leçon d’humilité. »

Dans le silence de la forêt, face à l’intensité de leur regard, ou leur téméraire indifférence, l’étincelle surgit, pour nous ramener sur les traces de nos ancêtres, mais aussi de notre présente nature humaine, inconditionnellement liée à l’animal. En somme, ils nous ramènent doucement à la maison.  

B x

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2 réponses à « Le zoo sauvage de Saint-Félicien : introduction »

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