Ralentir pour mieux vivre

Dans cet article, j’explore les différentes manières de ralentir au quotidien, pour mieux apprécier toutes les pépites que la vie a à nous offrir.

Prendre une bonne douche chaude en rentrant du travail un soir d’hiver. Me délecter de l’odeur du café qui coule doucement dans ma tasse préférée le matin. Faire une séance de yoga avant de partir travailler, pour respirer, me recentrer, me réveiller, et me mettre en mouvement en douceur. Prévoir des petites choses saines à manger dans la matinée, pour me re-motiver et tenir jusqu’au déjeuner. Appliquer une crème hydratante qui sent bon et soulage ma peau agressée par la pollution. Créer mon propre baume à lèvres et m’en appliquer une dose généreuse sur mes lèvres gercées. Me poser sous un plaid pour lire un bon livre au coin du feu, avec un thé à la bergamote. 

Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemblerait votre vie si vous passiez plus de temps à prendre soin de vous, et moins à vous inquiéter pour des choses que vous ne pouvez contrôler ? Moi oui. 

« Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemblerait votre vie si vous passiez plus de temps à prendre soin de vous, et moins à vous inquiéter pour des choses que vous ne pouvez contrôler ? »

Et depuis, j’ai décidé de faire les choses différemment. De prendre le temps. D’apprécier les petites choses du quotidien. Tout un tas de concepts qu’on me répète depuis toujours et qui formaient jusqu’à récemment une incessante litanie de conseils bien-être dénuée de sens, avant de finalement se révéler centraux dans ma philosophie de vie. 

A ma grande surprise, ce sont les réseaux sociaux qui ont créé le déclic dans mon cerveau anxieux. Dans le marasme des comptes toxiques ou ennuyeux, tous plus délétères pour ma santé mentale les uns que les autres, j’ai découvert des comptes de cuisine mêlant esthétique et plaisir gustatif qui m’ont rappelé que la cuisine, c’est un véritable art, universel et fédérateur, construit autour de beaux produits et de valeurs simples et justes. 

« A ma grande surprise, ce sont les réseaux sociaux qui ont créé le déclic dans mon cerveau anxieux. »

Mais surtout, j’ai découvert des comptes de femmes partageant simplement leur quotidien, les petites choses qui font leur routine. Celles qui paraissent anodines, celles qu’on ne pense pas à partager, mais sans lesquels la vie n’est pas supportable. Ce ne sont pas à proprement parler des paillettes, car elles n’ont aucun intérêt réel, et n’ont rien de sacré. Ce sont des actions si simples qu’elles nous paraissent inutiles, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus les faire. Des petits morceaux d’argile, qui, mis bout à bout, créent la fourchette avec laquelle on se nourrit, ou le récipient qui permet de conserver l’eau qui nous maintient en vie. 

Je me suis surprise à regarder des vidéos « A day in my life » pour relaxer mon esprit saturé d’informations et sur-stimulé, d’abord sans trop réfléchir à la raison qui rendait ce visionnage si agréable. Puis je me suis penchée sur la question, et l’évidence m’a frappée : je me délecte des petites actions anodines des autres, car je ne me délecte pas des miennes.

Finalement, ces contenus m’ont permis de réaliser à quel point j’aime vivre ma vie lentement, en prenant du plaisir à réaliser les petites choses du quotidien, et que pourtant je mets en oeuvre avec trop peu d’attention. J’ai observé que tel un robot, je voguais dans mon quotidien par automatisme, stressant et angoissant à propos de milliers de paramètres que je ne peux contrôler, et ignorant ceux que je peux, à savoir ceux qui concernent mon bien-être. 

« Puis je me suis penchée sur la question, et l’évidence m’a frappée : je me délecte des petites actions anodines des autres, car je ne me délecte pas des miennes. »

J’ai alors décidé de changer cela, en m’inspirant des japonais, ce peuple qui a porté l’art de s’ancrer dans l’instant présent et de réaliser chacune des actions du quotidien avec déférence et concentration à un niveau inconnu du reste de l’humanité. 

C’est quelque chose qui m’avait beaucoup frappée chez eux, lors de mes diverses visites au pays du soleil levant : leur calme en toutes circonstances, leur concentration sur leur tâche, leur dévotion à l’encontre des petits moments de vie. Ils font des pauses. Respirent. Prient. Ils recherchent le beau, même dans l’ordinaire. Et alors quelque chose de magique se produit : ils subliment le banal. Par ces petites gestes de dévotion, ils génèrent du beau, qui a son tour apaise les esprits tourmentés. 

« Par ces petits gestes de dévotion, ils génèrent du beau, qui a son tour apaise les esprits tourmentés. »

Et finalement, selon moi, cela constitue une forme d’écologie bien plus noble que celle qu’on nous vend dans les médias. Une écologie de vie respectueuse de celle-ci, qui prend son temps, et suit ses rythmes naturels. Qui permet de respirer, et, nous rend contemplatifs. Une écologie de la lenteur, de la douceur, du sens. 

Celle qui à mes yeux, est la seule qui nous sauvera de l’extinction. Car ce qui nous tue, c’est avant tout notre manque de respect pour la vie, ses rythmes et ses règles. Nous piétinons le tout sans ménagement, lorsque nous devrions faire preuve d’humilité. Nous nous consumons d’orgueil, et finalement nous finissons bien seuls. La vie nous déserte, et avec elles tous les services qu’elle nous rend. C’est pourquoi tout se dérègle, le déséquilibre s’en mêle, et pêle-mêle s’accumulent les alertes, de celles qui annoncent la fin de notre ère. 

« Nous nous consumons d’orgueil, et finalement nous finissons bien seuls. »

C’est rigolo, mais au-delà des formules d’équilibre osmotiques et des schémas du mécanisme photosynthétique, ce que j’ai retenu de mes études écologiques, c’est une formule magique : l’équilibre est dans le rythme. 

Alors je vous invite à cultiver une écologie qui vous ressemble, afin qu’elle nous rassemble. 

B x

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